TGV Paris-Cannes, vers 15h30

Être dans ce train me donne l’impression d’être à l’intérieur d’une caméra accomplissant un long zoom – près de 5 heures, mais néanmoins à grande vitesse – avant vers un endroit où le seul réel est constitué par le cinéma. Il y a bien évidemment quelque chose de paradisiaque en cela. Mais ce sentiment s’accompagne d’une dimension cauchemardesque, parce qu’il y a quelque chose d’inquiétant dans cette bulle endogamique qui se forme – une bulle non homogène puisque la structure sociale tient d’un croisement entre un moyen-âge âpre et l’Angleterre du XIXe siècle. Le Festival de Cannes se trouve précisément dans un point de rencontre en forme d’indécidable oxymore : un infernal paradis, et inversement.