Avenue Jean Jaurès, vers 22h30

Si à Cannes comme ailleurs, se trouver dans une file sous la pluie tient du désagrément, le phénomène météorologique en lui-même contient quelque chose de réjouissant parce qu'il entraîne un dérèglement très sensible du bel ordonnancement. L'effet est comparable à un épais maquillage qui se mettrait à couler sous les effets des sanglots d'une actrice médiocre. Il rend aussi le tapis à ce qu'il est : une moquette rouge assez commune, aussi spongieuse que les autres, accueillant des flaques contre lesquelles on lutte péniblement.